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[13/11/2007]
BIOGRAPHIE

Saint André est né au prélude du printemps 2004.
Derrière Saint André se cache Jean-Charles Santini un jeune Corse de 28 ans, originaire du village de Saint André.
Auteur compositeur, guitariste et pianiste, jean charles est également un chanteur à la voix très personelle.
Pratiquant une Pop Rock efficace et riches d’influences très diverses allant de Sophia à Jean Louis Murat en passant par Les innocents, The divine comedy et Miossec, Saint André nous met le coeur à l’envers, le nez dans les étoiles et le corps en partance sur le sentier des vacances.
Les ambiances lead back et aérées du groupe associées au coté faussement naïf de son leader séduisent immédiatement. En été de cette même année, le groupe enregistre sa première maquette. Cette démo leur ouvre les portes du concours « Musique à la Française 2005 » à Bruxelles, où ils figurent parmi les lauréats.
Saint-André vient de terminer l'enregistrement de son premier album, "Le Grand Soir", réalisé par Ian Caple, producteur entre autre des Tindersticks, Tricky, Alain Bashung, Higelin...
Le Grand Soir est disponible chez tous les disquaires ainsi que sur toutes les plateformes de téléchargement légal.

 

[13/11/2007]
INTERVIEW DE JEAN-CHARLES

Comment s’est passé la réalisation de l’album ?
Jean-Charles Santini (chant, guitare, piano) : C’est un peu comme un accouchement. Ian Caple, notre producteur, disait, après avoir fini l’édition de chaque morceau et en se remontant les manches, à la façon d’un chirurgien : « Congratulation, it’s a boy ! ». On y a mis beaucoup d’énergie. Maintenant, on en est fier.

On se rend compte que tu as été à fond dans la production et que rien n’est laissé au hasard. N’es-tu pas un peu méticuleux?
J.-C. S. : Obsessionnel! Pour ce qui est de la musique, en tout cas. Il n’y a pas une note qui ne soit pas passée au crible et qui n’est pas ce qu’elle ne doit pas être. C’est comme un peintre qui dépasse le coup de crayon. C’est très important que ce soit comme ça. Sinon, ça n’a aucun sens. Je suis méticuleux, oui. Et exigeant, certainement!

As-tu fait appel à des gens de l’extérieur pour te guider artistiquement, dans les compositions et les arrangements?
J.-C. S. : Dans Saint-André, j’écris et je compose les chansons dans un premier temps seul, piano-voix ou guitare-voix. Puis, on se réunit et on bosse les arrangements à quatre. Parfois, je pense ajouter une piste complémentaire, comme un violon ou un orgue. On a tous des idées et on discute de la structure ensemble. On essaye d’aller le plus loin possible en équipe. L’enregistrement se fait étape par étape mais ce n’est jamais une refonte totale du morceau. Par contre, c’est l’occasion de rajouter des pistes. Mais concrètement, il n’y a pas vraiment de directeur artistique extérieur. C’est plutôt une partie de mon boulot.

Au départ, on aurait pu penser que Saint-André était ton projet solo autour duquel tu as construit un groupe...
J.-C. S. : C’est le cas. Le directeur artistique, le responsable du final-cut, c’est moi. Mais je trouve qu’il est intéressant de se nourrir des idées des autres. Si on ne compose pas à quatre, c’est quand même à quatre qu’on défend le projet.

Comment s’est fait le choix du producteur?
J.-C. S. : Il nous fallait quelqu’un qui travaille un son à la fois brut et classe. Deux personnes sont sorties de nos recherches : Daniel Presley, qui a travaillé avec Cali et les Breeders, et Ian Capple, qui a notamment produit l’album de Bashung, « Fantaisies militaires », et qui a également collaboré avec les Tindersticks et Yann Tiersen. Mon label, 30 février, a suivi et a foncé avec nous dans le délire. On a envoyé la démo et, surprise!, les deux producteurs étaient d’accord. J’ai pris l’Eurostar et j’ai rencontré Ian. Sans hésiter, c’était le producteur qu’il nous fallait. Avec lui, on a eu quelqu’un qui a su mettre le français en avant avec un son élogieux, épique mais en même temps assez rare. Tout s’est fait naturellement. Avec sa mentalité anglo-saxonne, tout a été très cool. On a pu aller plus loin.

Tes morceaux sont tantôt rock, tantôt chanson française? Quelle catégorie te rangerais-tu, au final?
J.-C. S. : Les deux. Tantôt rock, tantôt chanson, ça fait pop, non?

Ton projet est assez en ambitieux. J’ai presque envie de dire qu’on sent l’influence française...
J.-C. S. : Mon ambition s’est décuplée avec le temps. Si je suis à la source d’une prise de conscience, j’en suis content. Si on ne devait retenir qu’un aspect de ma « French touch », qui ne soit pas dans la production, c’est ce côté exigeant. Si tu veux avoir un bon résultat, il faut savoir ce que tu veux. Mais il faut dire que je n’ai jamais eu de barrière. On ne m’a jamais dit non. Peut-être qu’en France on m’aurait dit non. Mais chez Bang, on m’a laissé faire. On ne m’a jamais dit que j’étais à côté de la plaque. Au final, l’album sort en même temps en Belgique et en France.

Lorsque tu t’es présenté au concours « Musique à la française », tu t’étais déjà bien fait remarqué. Que retires-tu de cette expérience?
J.-C. S. : C’est là que je me suis dit qu’il fallait que je fasse un disque. Je ne peux pas expliquer pourquoi. Si on ne fait pas certaines choses, on en est malade. Là, c’était indispensable. Je devais le faire à fond. Je me levais en pensant à mon album, me couchais en pensait à l’album et je parlais à ma femme, toujours en pensant à l’album... et je me faisais engueuler par elle parce que je ne l’écoutais pas. (rire)

Tu jouais déjà certaines morceaux de l’album en 2004, lors de tes premiers concerts. On sent une évolution dans les arrangements. Je pense à Tungstène qui sonne aujourd’hui disco rock.
J.-C. S. : « Tungstène » sonne enfin comme elle devait sonner c’est-à-dire grosse, épaisse et puissante. C’est la seule chanson que j’ai changé en studio parce que deux ans sont passés. L’arrangement est différent. On l’a joué beaucoup plus disco rock. Selon Ian, elle avait une « gueule Artic Monkeys » quand on lui a présenté. Et elle est repartie avec une « gueule de Killers ». Il a sorti un synthé des années ‘70 et a fait des échantillons de toutes sortes. C’était surprenant. A la base, il travaille avec vieux micro de la BBC et enregistrement comme dans les années ‘60. Puis, tout à coup, il sort un vieux synthé et sort des bidouillage électro de dingue, alors qu’il a quand même cinquante balais.

En réécoutant « L’Ennemi du Royaume », je me suis dit que ça collait quand même bien à l’actualité du pays. Que penses-tu de cette double lecture?
J.-C. S. : A l’origine, dans ce morceau, il y a la dimension « romantique » et désuète du mot royaume. C’est romantique, sauf ici au royaume... et ici, il y a des ennemis du royaume. Le pire ennemi, c’est l’intolérance et, ici en particulier, celle de certaines politiciens. Mais l’ennemi du royaume est en chacun de nous si on ne met pas un peu d’humanité. Ce sens n’était bien entendu pas voulu. On en était même très loin, même si quand je l’ai écrit, il y avait déjà des ennemis du royaume.

Je trouve que tu as été très audacieux d’enregistrer « Comme ils disent... »
J.-C. S. : C’est un texte d’Aznavour, un panthéon de la chanson française, que je trouve fabuleux dès les premières phrases. On comprend tout de suite la position du narrateur face à la bêtise humaine qui est vraiment bien décrite dans les personnages qui l’entourent. Il y avait déjà énormément de rage dans le texte et, maintenant, on en a mis est dans la musique. Je voulais reprendre ce texte d’Aznavour mais en faire une chanson de Saint-André. La mélodie est la sienne et on se l’est appropriée. Si on ne connaît pas l’original, on ne s’en doute pas forcément que c’est une reprise. Le jour où j’écris comme lui, je vais vivre en suisse. J’avoue en être très loin. C’est un texte qui me parle.

Avec toutes tes chansons d’amour, n’as-tu pas peur de te faire assaillir par des filles tout le temps?
J.-C. S. : Non, je ne crois pas. Notre batteur est là pour ça... A vrai dire, je n’ai aucun recul par rapport à ça. Pour moi, il y a des gens qui écoutent l’album, qui l’achètent et qui viennent aux concerts. C’est super! Mais le côté hystérique, ça ne me parle pas. J’ai l’impression que le public est plus mature, surtout en Belgique. La première fois que j’ai joué en concert, une petite gamine est venue me demander une photo dédicacée et une bise. Comme à tous les gens du festival. C’est rigolo. Elle devait avoir 14 ans. Mais fondamentalement, ce n’est pas si important.

Propos recueillis par David Dehard

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